Gerniot Mesidor, un jardin de cour pour ne plus tout acheter au marché à Camp-Perrin

Les citations ont été recueillies en créole haïtien. Cette version française traduit le texte anglais validé par la Direction.

Gerniot Mesidor, bientôt cinquantenaire, cultive la terre dans la troisième section communale de Camp-Perrin depuis ses 18 ans. Père de trois enfants et formé en agronomie, il dirige une organisation communautaire de base de la zone.

Bénéficiaire du projet « Sécurité alimentaire par le transfert de bons alimentaires, la création de jardins familiaux et communautaires et l’inclusion financière à Camp-Perrin et Jérémie, Haïti », financé par Aktion Deutschland Hilft et mis en œuvre par l’Arbeiter-Samariter-Bund, Gerniot connaît ses activités de terrain, notamment les avantages du jardin agroforestier.

« Auparavant, pour obtenir des pois de souche, il fallait se rendre aux Cayes, avec une qualité parfois irrégulière. Le projet les a toutefois rendus accessibles à tous les bénéficiaires. »

Du jardin de cour au voisinage, les semences circulent

Le projet a fourni aux bénéficiaires des semences, des outils et une formation à la mise en place et à la gestion des jardins. Un guide a servi à expliquer le concept de jardin garde-manger, en soulignant son importance pour répondre aux besoins des familles et renforcer la résilience alimentaire de la communauté.

Gerniot a commencé en mars un jardin financé par le projet. Il y cultive des pois de souche, du kalalou, du piment, du poivron et du chou, pour sa consommation et pour la vente. Ces jardins répondent aux besoins immédiats des habitants en leur permettant de préparer rapidement un repas. Les grains secs issus des récoltes facilitent également l’accès de la communauté à ces cultures. Il rappelle que cette façon de jardiner n’est pas une habitude pour tous les habitants.

« […] Pendant cette période, les changements qui se produisent dans la communauté influencent les habitudes d’achat des habitants, notamment pour des produits comme les poivrons au marché. »

Des récoltes dès un mois et demi, une première saison à saluer

Les cultures ont des rythmes différents. Certaines peuvent être récoltées après un mois et demi à deux mois, tandis que l’igname demande sept mois. Une sécheresse survenue après les semis a freiné le développement des jardins. Malgré cela, les personnes qui avaient planté du chou et des piments ont pu récolter, sans toutefois obtenir une seconde récolte.

« […] Si vous regardez ici, tout ce qui est planté, comme les pois de souche, peut être récolté après environ un mois et demi à deux mois. »

Aller plus loin avec davantage de familles et d’eau

Dans une communauté d’environ 19 000 habitants, le projet n’a touché qu’une petite partie de la population en raison de moyens limités.

« Le financement devrait se poursuivre pour élargir la portée de l’activité et permettre à davantage de personnes, au-delà du premier groupe, d’en bénéficier. »

Ses recommandations soulignent l’importance de cultures résistantes au changement climatique, comme la patate douce, l’igname, le manioc et la carotte. Il insiste également sur la disponibilité de l’eau dans les prochaines initiatives.

« Pour aider les ménages à accéder à l’eau, nous proposons de mettre en place des systèmes d’irrigation au goutte-à-goutte pour les cultures maraîchères, afin de permettre un arrosage adéquat pendant les sécheresses. »

Il souligne les contraintes de ressources du projet et espère que les prochaines initiatives bénéficieront d’un soutien accru des bailleurs à ASB, afin de permettre à l’organisation d’accompagner davantage de personnes de manière plus complète.

Le parcours de Gerniot Mesidor montre que les jardins de cour bénéficient aussi à d’autres personnes que celles qui les cultivent. Ils encouragent le partage des semences et la production à domicile, tout en rappelant l’importance de la disponibilité de l’eau pour poursuivre ces progrès.

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